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Méthodes et outils d'Innovation & de Performance Collaborative

IdeGenIS entérine 3 lois de TRIZ

Nous nous sommes intéressés aux lois d’évolution des systèmes techniques et avons comparé, plusieurs travaux consacrés à cette question. La première publication française date des années 50 mais ce sujet retrouve actuellement les faveurs de l’actualité du fait de la diffusion de la méthode de  créativité russe TRIZ. Comme DEFORGE avait déjà remis en cause les lois d’évolution des systèmes élaborées par Gilbert SIMONDON, notre étude a visé deux objectifs. Le premier, d’ordre théorique, est d’éprouver la robustesse des lois d’évolution de TRIZ. Le second, d’ordre pratique, est de sensibiliser les professionnels de l’innovation aux forces et aux faiblesses desdites lois d’évolution afin qu’ils puissent infléchir, le cas échéant, la construction de leurs outils de pilotage  de l’innovation.

Ceux-ci différeront en effet sensiblement selon que l’on considèrera que les produits évoluent sous l’effet de lois immuables ou, au contraire, sous l’influence de leurs concepteurs et utilisateurs.

La synthèse des travaux mentionnés ci-dessus, nous permet d’entériner, d’en réfuter deux, dont une partiellement seulement, et d’en considérer trois comme hors sujet. Une faiblesse de TRIZ est de ne considérer que les causalités internes aux produits laissant croire à un déterminisme de l’évolution. Si les choses se faisaient toutes seules et si le rythme de progression ne dépendait pas de notre investissement alors pourquoi, s’interrogent BONTEMS et LE ROUX (2009), aurait-on besoin de méthodes de conception ? Pourquoi la  recherche aurait-elle consacré tant d’efforts, depuis deux décennies, pour rationaliser cette activité ? Les avatars que peut connaître l’évolution des lignées suffisent à invalider son déterminisme supposé. Il faudrait donc soit
n’utiliser la notion de « lois d’évolution » qu’à titre métaphorique, avec des guillemets, comme le suggère DEFORGE (1989), soit employer le terme de «tendances » comme le proposent CHOULIER (2000a, 2000b) et SAVRANSKY (2000).

 Limites de TRIZ

Du fait de ses fondements positivistes la méthode TRIZ applique les principes cartésiens de disjonction et de réduction (BOLDRINI, 2007). Elle isole et n’étudie que les seules « lois d’évolution » internes aux produits. Elle ignore ainsi que  l’innovation relèvent autant d’un processus social que d’un processus technique. Les utilisateurs contribuent aussi à la transformation des produits en déplaçant, en adaptant, en détournant les usages prescrits. Il en est de même de la mode, de la publicité, de la concurrence à travers les fonctions de signe qu’elles promeuvent. Les prescriptions réciproques que s’adressent les concepteurs ou les membres d’un partenariat d’exploration contribuent également à  l’évolution des produits via les nouveaux attributs de valeur qu’ils introduisent. Quand on s’intéresse à l’innovation, il nous paraît inconcevable de ne pas articuler ses dimensions technologiques, économiques, organisationnelles, sociologiques, cognitives voire psychologiques.

La méthode TRIZ risque, contrairement aux ambitions de Genrich ALTSHULLER, de restreindre la pensée des innovateurs si elle reste unidimensionnelle. Or, comme le soutient Edgar Morin (1996), une  pensée mutilante ou une intelligence aveugle conduisent à des actions mutilantes. Il est pourtant urgent de réarticuler les domaines disciplinaires pour mieux appréhender la complexité du réel. Nous avons évoqué le système éducatif. Les  jeunes actuellement en cours de formation vont devoir affronter, au cours de leurs futures carrières et vie de citoyen, de redoutables défis : une population mondiale de 9 milliards d’habitants, en 2050, qu’il va falloir nourrir, loger,  transporter, soigner ; un épuisement des ressources fossiles ; des dérèglements climatiques ; des risques technologiques… Comment, dans ces conditions, innover de manière soutenue et répétitive, pour garantir la pérennité  des entreprises et des emplois, sans augmenter toujours plus les flux de matières premières, d’énergie et de déchets ?

Pour répondre à ces impératifs il s’agit d’innover dans la manière d’innover et de construire des instruments de pilotage aptes à articuler tous les enjeux de l’innovation.

 

IdeGenIS corrige les faiblesses de TRIZ dans les domaines de la prise en considération de la valeur fonctionnelle des systèmes
et de l’intégration de ces systèmes dans les marchés.

 

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