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Design-Thinking -02 : Les postulats de base ?

Commencer par intégrer les 7 postulats du Design Thinking ?

« Un problème bien posé est à demi résolu.« 
[Albert Einstein]

« A problem well stated is half solved.« 
[Albert Einstein]

Les 7 postulats du Design Thinking

1- Connaissance approfondie des usages et préférences

Le premier postulat porté par le Design Thinking, et le design en général, est la connaissance extrêmement approfondie de sa cible, en termes de besoins conscients et inconscients.

« Le designer est centré sur la compréhension de l’humain au delà de sa propre expression… dans ses usages et ses préférences cela en vue de générer des propositions innovantes. »

Il vise à organiser ses solutions autour des utilisateurs et non pas autour des systèmes. Le designer se positionne en observateur fin des gens afin de comprendre leurs comportements et leurs besoins les plus profonds. Il s’efforce de se mettre à leur place pour voir les choses de leur point de vue, de penser à la manière dont les produits et services proposés s’intègrent à leur vie. Cette analyse extrêmement empathique trouve ses fondements dans l’anthropologie.

2- Approche de curiosité exacerbée

En termes méthodologiques, cela se traduit par des observations, souvent filmées pour en recueillir toute la richesse, et par la création de personnages fictifs, mais représentatifs. Ils sont nommés, on s’intéresse à leur histoire, on se questionne sur leurs désirs, leurs besoins, leurs motivations, leurs émotions.

« Il en résulte une compréhension plus fine des comportements et des besoins,
conscients et inconscients,
de la cible. »

3- Approche de curiosité, pluridisciplinaire, globale et systémique

Le designer, à la recherche de sens et de pertinence, s’entoure des disciplines nécessaires à sa réflexion.

Pour éviter le risque d’aller directement aux solutions, sans avoir pris suffisamment le temps de vérifier la pertinence de la problématique donnée par le client, le designer se donne pour mission de requestionner la question de départ et de la reformuler de manière pertinente par rapport aux besoins des futurs utilisateurs.

Le designer s’efforce alors d’aborder cette problématique de manière globale, systémique, en faisant appel à d’autres disciplines permettant d’approfondir différentes thématiques qu’elles soient liées au contexte économique, technique, sociétale ou humaine.

De manière générale, les innovations s’initient généralement à l’intersection de différentes disciplines.

« La curiosité et l’ouverture d’esprit sont fondamentales. »

4- Agir sur le possible, et non pas sur le certain

Tout participant à un processus créatif doit faire appel à sa liberté de penser et à son imagination.

Il doit se questionner de manière abductive (« et si ? »). Pour rappel, le raisonnement déductif signifie que l’on détermine la conclusion (Quand il pleut, la pelouse est mouillée. Il pleut. La pelouse est donc mouillée). Le raisonnement inductif signifie que l’on raisonne à partir d’une règle (La pelouse a été mouillée à chaque fois qu’il a plu. Il pleut. La pelouse est donc mouillée). Le raisonnement abductif signifie que l’on détermine la précondition (Quand il pleut, la pelouse est mouillée. La pelouse est mouillée. Il doit donc avoir plu. Ou la pelouse vient d’être arrosée ou une piscine a été vidée dessus, ou c’est la rosée, ou…).

Durant leur formation puis leur pratique professionnelle, les designers développent la posture consistant à remettre en cause ce qui est donné, à se méfier des présupposés, à toujours sortir du cadre, à ne rien prendre pour acquis de manière définitive, ceci afin d’entretenir la capacité de voir une problématique différemment, dans le but précis de mieux l’appréhender. À l’affût des signaux faibles, ils ont aussi développé une certaine aptitude à percevoir et à anticiper des mutations sociétales, l’émergence de nouveaux comportements. Enfin, leur esprit critique est fortement constructif. Ils imaginent des solutions à valeur ajoutée humaine et sociétale, des futurs désirables et possibles.

Par exemple, lorsque Marie-Virgine Berbet, designer, a travaillé sur sa cellule de sieste au travail, en 2006, beaucoup d’entreprises trouvaient sa démarche conceptuellement intéressante, mais étaient loin d’être prêtes à la mettre à disposition de leurs collaborateurs. Le moment est aujourd’hui beaucoup plus propice, suite aux nombreux questionnements sur le bien-être au travail, les risques psychosociaux et la responsabilité sociétale des entreprises envers leurs collaborateurs.

« Il convient de
s’efforcer d’agir sur ce qui est possible,
et non pas sur ce qui est certain. »

5- Se nourrir des contraintes

À l’heure où le design s’expose dans les musées, où les designers-stars sont présentés comme des « créateurs » et où les écoles des beaux-arts ouvrent des départements de design, on peut être tenté de croire que la frontière entre l’art et le design est en train de disparaître. Cependant, faire de l’art et faire du design sont deux choses parnature très distinctes. L’artiste jouit d’une liberté absolue et n’a de comptes à rendre à personne. Il crée à partir de son propre désir. Le designer, en revanche, ne travaille pas seulement à partir de son désir – condition qui demeure nécessaire à tout travail créatif –, mais à partir du désir d’autrui.Le légendaire designer américain Charles Eames l’affirmait :

« le designer a pour caractéristique
d’embrasser volontairement les contraintes
 ».

Les trois critères indissociables qui conditionnent la validité d’une idée sont la faisabilité (qu’est-ce qui est fonctionnel et réalisable dans un avenir prévisible ?), la viabilité (qu’est-ce qui s’intègre dans un modèle économique durable ?) et la désirabilité (qu’est-ce qui correspond aux attentes de la population cible ?).

6- Réfléchir par la formalisation de la pensée

Le designer a pour pratique de rendre tangible sa réflexion, par la réalisation de prototypes, afin d’approfondir, de manipuler et de tester la pertinence et l’articulation de ses idées.

Par ailleurs, et parce que les mots ne suffisent pas toujours pour se faire comprendre (on parle souvent par métaphore), la mise en forme d’un concept apporte aux différents acteurs d’un projet un support de discussion à la fois très simple d’appréhension et très riche en termes de volume et d’articulation de données.

Rendre compréhensibles des choses complexes n’est pas quelque chose que l’on apprend dans les écoles de commerce. Mais le rapport n’est pas toujours le meilleur moyen de faire passer une idée et de créer le consensus dans un groupe…

« La mise en forme permet de rendre compréhensibles des éléments essentiels,
mais invisibles. »

Le film « Powers of Ten »  réalisé par le couple de designers Charles et Ray Eames en 1977 illustre parfaitement cette aptitude. Ce film très explicite et poétique propose un voyage entre l’infiniment grand et l’infiniment petit en 9 minutes.

7- Valoriser l’erreur et Procéder par itérations

Le prototypage permet de tester rapidement une idée. Le principe est « d’échouer vite pour réussir encore plus vite« , l’erreur est culturellement acceptée et même fortement encouragée. Elle amène souvent à une meilleure idée. Ce principe de valorisation de l’erreur est très puissant en termes de conception rapide de solutions pertinentes.La nature itérative de la méthodologie du design ne tient donc pas à un quelconque défaut d’organisation ou à un manque de discipline qui serait propre aux designers. Elle s’explique par le fait que le design est fondamentalement un processus exploratoire qui débouche invariablement sur des découvertes inattendues dignes d’être approfondies. Il arrive qu’un résultat incite l’équipe à revisiter certains postulats de départ. Dans la mesure où il est non directif, ouvert sur l’extérieur et itératif, le processus peut sembler chaotique, il n’en reste pas moins très structuré. Et nombreux diront que l’approche itérative risque d’allonger les délais, mais c’est une vision à court terme.

« Il est fondamental de comprendre qu’
échouer vite permet de réussir plus vite. »

Par ailleurs, les résultats obtenus par un processus linéaire sont beaucoup plus facilement copiables par la concurrence…

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