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Individuation

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l’Individuation

Individuation : Théorie  génétique de l’être

L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, par Gilbert SIMONDON

Innovation-Room - Gilbert SIMONDONLa connaissance de l’individuation a été gênée par la prégnance du schème hylémorphique, d’origine technologique, mais contenant des implications sociales qui maintiennent en lui une zone obscure centrale. Modèle de pensée relationnelle parce que dualiste au point de départ, le schème hylémorphique doit être repris et défini selon un principe de recherche qui évite à la fois le dualisme et le monisme, en considérant l’individuation comme une opération conditionnée par un état de système préalable.

Cet état de système, ignoré des Anciens, ou plutôt oublié après avoir été  pressenti par les Physiologues ioniens dans la doctrine de la phusis, est celui de l’équilibre métastable, différent de la stabilité et de l’instabilité en ce qu’il est riche en potentiels, et ne peut être pensé comme tout entier donné dans l’instant, simultané par rapport à lui-même.

Une pensée approfondie de la métastabilité comme condition de l’individuation oblige à rejeter le principe du tiers exclu et la logique de l’identité ; l’être complet, c’est-à-dire l’être  préindividuel, est plus qu’unité et plus qu’identité, autre que lui-même. La logique du tiers exclu et de l’identité est une logique de l’état stable, ne pouvant intervenir qu’après l’individuation ; elle ne porte pas sur l’être complet, mais sur un  être appauvri, déphasé par rapport à lui-même, qui est l’être individué en tant qu’individu.

La seule méthode adéquate à l’individuation est un processus génétique et analogique qui accompagne par l’individuation de la pensée celle de l’être,  saisissant l’être avant tout dédoublement, en son centre actif à partir duquel il se dédouble.

Cette méthode est appliquée d’abord au niveau physique de l’individuation, avec l’étude de la genèse de l’édifice  cristallin puis la recherche de l’individualité de la particule, visant à saisir dans cette perspective la notion de  complémentarité.

Elle est appliquée ensuite au niveau de l’individuation du vivant, selon les trois degrés successifs de l’individuation vitale,  de l’individuation psychique et de l’individuation du collectif. A titre d’hypothèse, l’individuation est considérée comme  opération quantique, l’être individué conservant en lui une charge de réalité préindividuelle qui est le fondement de la participation à des individuations ultérieures, sous forme de réalité transindividuelle.

La conclusion indique la teneur épistémologique et vise à dégager les conséquences normatives de cette théorie  génétique de l’être.

La thèse complémentaire

Gilbert SIMONDON a été sensible très tôt aux problèmes techniques aussi bien qu’humains posés par le  développement du machinisme dans le monde industriel et dans le monde agricole, au contact desquels il a grandi, à Saint-Etienne, ville de mines et de manufactures près du mont Pilat, dans le Puy-de-Dôme et en Haute-Loire, et dont il  tirera de nombreux exemples. Mais il est sensible autant aux conflits entre les valeurs de la culture et les représentations liées aux techniques.

En portent la marque sa thèse complémentaire, Du mode d’existence des objets  techniques, soutenue en 1958 sous la direction de Georges Canguilhem, et publiée l’année même chez Aubier- Montaigne comme premier titre de la collection Analyse et raisons dirigée par Martial Guéroult et Jules Vuillemin, ainsi  que de très nombreux articles et conférences (comme Psychosociologie de la technicité). Il s’instruit méthodiquement des techniques dès ses années d’Ecole et il écrit en 1954 : « j’ai appris les sciences physiques et l’histoire des techniques, ce dernier effort n’étant d’ailleurs nullement achevé ».

Dès l’introduction de l’ouvrage Du mode d’existence des objets techniques, il renvoie dos à dos technophobie et technophilie comme deux excès aussi graves de l’époque et deux  façons de méconnaître « la charge de réalité humaine aliénée qui est enfermée dans l’objet technique », et tâche d’ouvrir la voie d’une réflexion adéquate sur la technique et son rapport à la culture.

 

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